Récits de croisières

Voici en vidéo, textes et photos quelques retours des dernières formations croisières. Merci aux poète, écrivain et cinéaste pour le partage de ces beaux souvenirs !


L’Aventure en Mer d’Iroise – par David Castel
Formation croisière du 30 juin au 4 juillet 2020

« Le 27 juin 2020, une baleine a été vue, et filmée, en baie de Paimpol par quatre amis lors d’une tranquille sortie en mer (visible sur Youtube). Il n’en fallait pas plus pour que Daphné monte aussitôt un équipage et lance une expédition d’observation en mer d’Iroise sur la plus rapide des embarcations du Winches Club : Diego !

Quatre matelots ont répondu à l’appel qui fut lancé : Mathilde, Yvane, Romain et David. Oh, c’est certain, ce ne sont pas les plus expérimentés de la Baie de Douarnenez. Mais leur détermination saura combler leurs lacunes. D’autant que cette grande expédition pourrait être aussi prétexte à une formation croisière…

Alors bien sûr, cette baleine n’est pas un gigantesque cachalot blanc. Et bien sûr, la pointe Finistère n’est pas Cap Cod. Et bien sûr encore, Diego n’est pas une réplique du baleinier Le Pequod.  Pourtant, ce serait à peine exagéré de comparer ces 4 jours de navigation à quelques chapitres du célèbre Moby Dick de Herman Melvil.  

Il n’est déjà qu’à feuilleter le livre de bord pour juger de la ténacité de cet équipage à ratisser de long en large la Mer d’Iroise pour trouver ce grand cétacé : 

Douarnenez – Camaret – le Chenal du Four- l’Aber Ildut – l’archipel de Molène- le passage de la Chimère- Camaret (bis) – Chenal du petit Leac’h – Ar Men –  l’ile de Sein – Le Raz de Sein – Retour à Douarnenez.

La Mer d’Iroise qui se prête par ailleurs joliment au jeu de la grande aventure littéraire : elle montre, comme bien souvent, qu’elle est capable de projeter ses navigateurs aux quatre coins du monde : déjà en sortie de baie, les Tas de Pois traversés par une sorte de brume aux reflets bleus-verts s’amusent à prendre des allures d’iles Kerguelen , si bien que personne ne serait étonné d’apercevoir un Albatros parmi les Fous de Bassan et autres Goélands.  Plus loin c’est l’Aber Ildut qui, avec ses airs de mini fjord, fait un véritable clin d’œil aux côtes de Norvège.  Et que dire du phare d’Ar Men, où s’ouvrent les portes de l’Océan Atlantique ?… Là on rêve de navigations hauturières, là on sent l’appel des grandes traversées.

Et n’oublions pas le Raz de Sein, si taquin : à peine effleuré durant le retour vers Douarnenez, il sait rappeler à Diégo et son équipage qu’il partage une partie de son ADN avec le cap Horn…  Elle est finalement bien plus vaste qu’il n’y parait cette Mer d’Iroise.

Tant de milles parcourus, d’heures passées l’œil aux aguets à la recherche d’une belle nageoire caudale ou d’un jet d’eau au milieu de l’eau, cela risquerait de devenir lassant à la longue. Et c’est là que la Capitaine Daphné fait preuve d’une imagination sans limite et d’une pédagogie active afin d’exercer ses 4 matelots et d’affiner leur savoir-faire nautique : exercices de manœuvres, virements de bords et empannages, envois de spi, préparations de navigation, matelotage, réglages de voiles, prise de mouillage. En 4 jours, tout devient fluide, précis, efficace. C’est l’America’s Cup qui se prépare à bord de Diego, pas le temps de s’ennuyer !

On comprend bien vite que ce que le Winches Club appelle pudiquement « formation croisière », n’est rien d’autre qu’une grande aventure en Mer d’Iroise.

Mais au fait, la baleine dans tout cela ?  Malheureusement, et malgré tous les efforts déployés, pas le moindre fanon repéré.  Avec tout de même un très beau lot de consolation : ses cousins les dauphins ont été moins timides et ont pleinement su récompenser les explorateurs. 

Pourtant, il faut bien révéler qu’un doute persiste parmi l’équipage : un soir aux abords de l’aber Ildut, chacun a bien ressenti une très légère vibration sur le bateau. Presque rien, mais quelque chose de tout de même bien perceptible. Alors ? N’était-ce pas notre amie la baleine qui serait venue jouer avec la quille de Diego ? Sûrement. Quoi d’autre sinon ?… »

La croisière au féminin… – par Anthony Roy
Formation croisière du 5 au 10 septembre 2020, des Sables d’Olonne à Lorient

Hélène patisse et pourtant là sans ses sablés,
Ni que laines ne se tissent, sa chaleur a porté.
Alors, les vents nous ont poussés des Sables et…
Doucement, de là, nous nous sommes envolés.

Fard ennuagé comme pour mieux amplifier,
Charmes de l’île d’Yeu dont le clin d’œil appuyé,
A pu même faire oublier à Carlotta son café,
Douce et souriante, nous voilà bien barrés. 

Blanche nuitée a été frôlée, Noirmoutier.
Bonjour- Au revoir; Nuit sauvage; Pas trainé.
Faut dire, catway locaux, ces bovins butés,
Arrivée en mini rodéo pour les ligoter.

A Hoëdic, magique mouillette sous voie lactée,
Guidés tout du long par notre lune rousse préférée,
Cette escale restera gravée, merci à Daphné,
Juste en face de son lieu de vie, là où elle est née.

Au Palais, défilé de prétendants à la bouée,
La princesse, seule dans son donjon motorisé,
Écran de fumée, illusoire chimère,
Réelle reine se nomme Isa-Belle-Ile-En-Mer.

Trésors de l’Orient… Les mille et une nuits?
En vérité, seules cinq ici ont suffis,
A faire de ces décors où nos corps ont brunis,
Un souvenir à l’impossible oubli. Lorient, nous voici.

Vidéo d’Isabelle Lefort
Formation croisière du 5 au 10 septembre, des Sables d’Olonne à Lorient